Avec son équipe de Wild Cloud Productions, Tanguy Dumortier a réalisé les 6 capsules vidéo du projet LIFE in Quarries en 2017. Nous l’avons rencontré lors de la réalisation d’un Jardin Extraordinaire consacré au sujet.

Avant votre collaboration avec le projet LIFE in QUARRIES, quel était votre impression sur la biodiversité présente dans les carrières?

Avant de commencer ce projet, je savais déjà que la biodiversité était bien présente dans les carrières qui ne sont plus en activité. Par contre, j’ignorais qu’il y avait autant de biodiversité dans les carrières en activité et que l’activité favorisait certains types d’animaux. Je ne connaissais pas la notion de la nature temporaire et du besoin de certains animaux de milieux perturbés comme le crapaud calamite qui peut s’installer dans une simple ornière. C’est cela que je trouve spectaculaire et le plus intéressant. Je trouve extraordinaire que des animaux comme le Grand-Duc ne soient pas dérangés par les travaux. Cela est dû aux actions du personnel des carrières, et cela même avant le début du projet Life.

Le LIFE in Quarries se caractérise par un partenariat entre le milieu associatif, universitaire et privé. Quel est votre avis sur l’implication d’acteurs privés dans la conservation de la Nature ?

Je pense que c’est primordial. Moi-même je travaille en partie pour une petite société privée (Wild Cloud Productions) et je pense que c’est plus difficile pour le secteur privé de se conscientiser car chaque minute, chaque heure de travail, chaque euro sont dédiés à une certaine forme de compétitivité. Je trouve donc extrêmement positif de voir des sociétés très compétitives comme les acteurs carriers en Belgique consacrer une partie de leur temps, de leur activité et de leur argent à la conservation de la nature. Si ce projet fait tache d’huile et que tu considères le nombre de terrain privés qu’il y a en Belgique, cela aura un grand impact pour la biodiversité.

Avez-vous remarqué une évolution des mentalités dans le personnel des carrières par rapport à la conservation de la nature au cours de la réalisation de votre reportage ?

Absolument et je trouve que la force du projet LIFE IN QUARRIES c’est d’avoir structuré les actions de conservation à l’échelle de l’ensemble des carrières participantes. On ressent qu’il y a une envie de partager, de communiquer et ce que je trouve marrant c’est d’observer des concurrents être sur la même longueur d’onde sur la conservation de la Nature. Il y a donc une émulation entre les différents carriers, entre les différents acteurs du secteur pour mieux préserver la biodiversité. On observe même une fierté des carriers à accueillir dans leur carrière des nidifications de Grand-Duc ou encore des mares avec des crapauds calamites. La vitesse à laquelle les actions ont été menées montre bien l’intérêt du secteur dans le projet LIFE.

Pensez-vous que d’autres secteurs pourraient s’inspirer des actions menées par le secteur carrier dans la conservation de la nature ?  

Je l’espère en tout cas ! Après il existe peu de secteurs qui possèdent autant de surfaces et autant de possibilités mais je pense que ce type d’actions devrait se généraliser ! Par exemple, de nombreuses entreprises possèdent de grands toits plats sur lesquels ils pourraient favoriser la biodiversité en plaçant notamment des toitures végétalisées. Je pense en tout cas que le secteur privé va être un acteur majeur de la conservation de la nature.

Pour finir cette petite interview, quand pourrons-nous découvrir le documentaire que vous êtes en train de réaliser dans les carrières?

Le documentaire sera présenté dans l’émission « Le Jardin extraordinaire » dans le courant de la fin d’année 2018. Nous espérons également pouvoir le diffuser lors du Festival International Nature à Namur qui se déroulera  au mois d’octobre 2018. Je veux en tout cas montrer l’implication d’acteurs privés dans la conservation de la nature pour pousser le grand public à agir à son tour dans la protection de la nature!