Une des forces du projet Life in Quarries est l’implication de plusieurs partenaires privés et publics. Parmi ceux-ci, le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut (PNPE) réalise plusieurs missions. Nous avons rencontré Benoit GAUQUIE, coordinateur naturaliste du PNPE, lors d’une de ces visites de terrain dans la carrière d’Antoing. 

Quelles sont les missions du PNPE ?

Les missions d’un parc sont assez diversifiées. On s’occupe de la protection de la nature et de la biodiversité, de l’aménagement du territoire et la protection du paysage, du maintien et du développement d’une agriculture durable et de l’économie locale. De plus, nous réalisons des missions d’éducation et de sensibilisation du public.

Maison du Parc

Concrètement, nous travaillons sur l’autonomie fourragère et la valorisation des produits locaux via notre pôle environnement et agriculture. Nous recherchons des solutions pour diminuer les risques de coulées de boues, de ruissellement des eaux dans les cultures intensives présentes sur le territoire. On a également un pôle patrimoine naturel et biodiversité avec pas mal de projets en cours, notamment des projets européens. Nous avons le projet LIFE in QUARRIES mais aussi un projet de mobilisation des habitants pour réinvestir l’espace public. Nous avons d’autres projets pour échanger les savoir-faire entre les habitants.

Nous avons créé une équipe de gestion de la nature et du paysage. Nous travaillons avec les CPAS des communes concernées et on a à disposition des ouvriers Art.60 qui travaillent sur des milieux naturels, à la gestion des sentiers balisés, sur la gestion de la Nature ordinaire. C’est donc un projet à caractère environnemental et social car nous travaillons à la qualification de ces ouvriers.

Nous favorisons la nature dans les jardins via un réseau d’éco-jardins qui est déployé au niveau transfrontalier. En effet, Le PNPE se déploie sur 6 communes en Wallonie, de Rumes à Bernissart et nous travaillons en collaboration avec le parc naturel régional d’Escarpe Escaut en France avec qui nous avons des actions communes.

Comment le PNPE s’est retrouvé dans le projet LIFE IN QUARRIES?

Étant ornithologue, je m’intéressais au faucon pèlerin et avec la présence de carrières dans le tournaisis on avait grand espoir de revoir du faucon pèlerin nicher chez nous. Il y a 15 ans, j’ai contacté la carrière d’Antoing pour demander des accès afin de vérifier la présence de l’espèce. C’est ainsi que l’on a découvert les premières nichées de cette espèce dans la région. Par la suite, c’est un autre grand prédateur qui a fait son retour, le Grand-Duc d’Europe.

Les premiers contacts avec les carriers étaient donc très intéressants. On avait déjà pu réaliser, au-delà des simples inventaires de l’avifaune, des petites actions comme des mares au niveau des terrils. Il y a 15 ans, on a pu signer une convention avec la carrière d’Antoing pour la gestion d’un terril de 20 ha qui a été repris en gestion par le PNPE. C’est de par ces expériences que nous sommes rentrés dans le projet Life in Quarries.

Quels sont les apports du PNPE dans le projet LIFE IN QUARRIES?

Premièrement, nous avons déjà beaucoup d’expériences dans les carrières du bassin tournaisien car nous avons des contacts avec pratiquement toutes les carrières en activité dans le bassin et nous avions donc déjà des actions mises en place dans les carrières avant le début du projet. Nos atouts principaux sont la proximité que nous avons avec les sociétés carrières et le travail que l’on peut apporter au quotidien dans les zones un peu délaissées dans les carrières. Ces zones sont maintenant dédiées à la conservation de la nature et nous intervenons directement dans la gestion de ces zones. Avec notre équipe de gestion, nous avons donc un véritable rôle dans la préservation de la biodiversité dans les carrières du bassin tournaisien.

Visite de terrain dans la carrière d’Antoing

Quelles sont les espèces remarquables que l’on peut observer au niveau des carrières dans le périmètre du parc?

Le Hainaut occidental est souvent considéré comme le parent pauvre en terme de biodiversité en Wallonie mais il n’en ait rien. En effet, dans les milieux carriers, on retrouve des zones tellement originales avec un cortège d’espèces très intéressantes. Nous avons notamment pas mal d’espèces végétales rares comme les orchidées, la petite pyrole, ou de rares espèces de poacées. Au niveau des odonates, nous n’avons rien à envier aux sites du sud du pays avec notamment plusieurs espèces méditerranéennes.

Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens)

Quelles ont été les retombées du projet LIFE pour le PNPE? 

Les discussions que nous avons avec les autres partenaires du projet nous ont permis de nous enrichir et d’améliorer nos plans de gestion tels qu’ils existaient avant le début du projet LIFE. Les inventaires biologiques sont beaucoup plus soutenus, les plans d’actions dans les carrières sont concertés et font l’objet de plus d’échanges aussi. La mise en place de ces plans d’actions est facilitée par l’expérience des autres partenaires du projet.

Quelles ont été les difficultés rencontrées lors du projet?

Au niveau des actions qui ont déjà été menées, celles qui posent le plus de problèmes, ce sont les mares permanentes. En effet, en milieu carrier, on est soit sur du cailloux ou soit sur des socles calcaires avec des failles qui sont rarement imperméables. Nous avons eu besoin de trouver du substrat adéquat pour imperméabiliser le sol. Nous avons fait venir des argiles d’étanchéité d’Hautrage qui ont nécessité des coûts de transport qui n’étaient pas prévus à la base du projet.

À l’inverse, quels sont les résultats déjà obtenus?

Les falaises meubles ont très vite été colonisées par les hyménoptères. Cela prouve que dès que les habitats et les ressources sont disponibles, ces espèces peuvent très rapidement recoloniser un nouveau site. Les semis sur la caillasse marchent également très bien pour plusieurs espèces.

Falaise meuble