Des abeilles solitaires qui vivent dans les talus sableux au criquet à ailes bleues qui trouve refuge sur les pelouses pionnières, penchons-nous un instant sur ces insectes qui peuplent nos carrières !

 

Contrairement aux abeilles dites domestiques, les abeilles solitaires ne vivent pas dans des ruches mais creusent des terriers individuels.

 

Plus que beaucoup d’autres familles animales, les insectes divisent. Soit on les admire pour leurs couleurs comme les papillons, soit on les élimine dès que possible comme les moustiques.

Mais qu’ils nous dégoûtent, comme les asticots, qu’on les craigne, comme les guêpes, ou qu’on en fasse des motifs pour vêtements d’enfants, comme les coccinelles, nous oublions trop souvent que ces petites bestioles à six pattes étaient sur Terre bien avant nous. Retournons un peu dans le temps…

 

 

Des Gullivers devenu Lilliputiens

 

Cet article commence il y a 360 millions d’années. Nous sommes au Carbonifère.

À cette époque, la Terre ressemble à un immense océan sur lequel flotte un continent unique situé au niveau du pôle sud (et quelques chapelets d’îles au niveau de l’équateur) recouvert d’une végétation luxuriante faite de fougères géantes (jusqu’à 30 mètres) et de mousses. Soudain, une ombre passe dans le ciel. Vu sa taille, notre cerveau aurait aujourd’hui tendance à déduire qu’il s’agit d’un rapace. Un aigle sans doute… Pourtant, il n’existe pas encore d’oiseaux.

Il n’existe, d’ailleurs, pas encore de mammifères non plus. Cette ombre vrombissante, c’est une meganeura : une libellule géante. Au Carbonifère, ce sont les insectes, les rois du jeu ! Au sol, on trouve des mille-pattes, des araignées, des blattes et des scorpions… tous géants !

 

Reconstitution grandeur nature d’une Meganeura monyi, une libellule géante qui vivait il y a plus de 350 millions d’années.

 

Logique : à l’époque, la teneur de l’air en oxygène est de 40% de plus qu’aujourd’hui, ce qui permet de plus grandes performances et au corps de ces arthropodes préhistoriques de se développer sans compter. Ajoutez en plus qu’il n’y a pas beaucoup de prédateurs et vous comprendrez qu’ils ont toute la place pour se développer !

Aujourd’hui pourtant, ces géants ont rapetissé jusqu’à pouvoir se faire écraser par une tapette à mouche et représentent simplement une source d’agacement, d’allergies, de phobies… ou d’intérêt, comme dans le cadre du projet LIFE in Quarries !

 

 

Des papillons et des camions

 

Mais, alors, on trouve quoi comme espèces dans les carrières en activité ?

De tout : libellules, lestes, demoiselles (nous y avions déjà consacré un article ! Pour le lire, cliquez ici), coccinelles, scarabées, mouches, criquets, abeilles domestiques et solitaires (nous y avions aussi consacré un article ! Pour le lire, cliquez ici), papillons…

 

 

Et si tous les insectes sont, bien sûr, importants, deux espèces bénéficient tout particulièrement d’actions spécifiques à leurs besoins : le criquet à ailes bleues via les pelouses pionnières et les abeilles solitaires via les talus sableux !

 

Du sable et surtout pas de compagnie !

 

Les abeilles solitaires ou sauvages, comme l’Andrène vagabonde (Andrena vaga), sont dites sabulicoles ce qui signifient qu’elle nichent dans le sable ou dans des talus et parois sableuses dans lesquelles elles creusent des terriers.

 

 

En fort déclin suite à l’utilisation de pesticides et à la disparition de leurs habitats naturels, les abeilles solitaires sont pourtant essentielles puisque non seulement elles sont les premières à butiner (dès le mois de mars), assurant ainsi la réussite des récoltes futures, mais, en plus, certaines fleurs, délaissées par les abeilles domestiques, ne sont pollinisées que par elles comme par exemple l’ophrys abeille, une espèce d’orchidée elle aussi ciblée par le projet LIFE in Quarries !

 

 

L’emplacement idéal pour les abeilles solitaires ?

Un talus de sable bien meuble (car plus facile à creuser), peu voire pas végétalisé et bien exposé au soleil !

Pour plus d’informations sur notre action « Falaises meubles à hirondelles de rivages et talus sableux à abeilles solitaires », cliquez ici.

L’habit ne fait pas le criquet !

 

Terne, triste Jiminy au premier regard… pas même une touche de vert pour nous égayer… une sobriété qui paye !

En effet, le criquet à ailes bleues (Oedipoda caerulescens) ne possède pas grand chose pour se défendre contre ses prédateurs. C’est donc plutôt une bonne stratégie pour lui que de tout faire pour se confondre avec son habitat naturel : des régions arides, sablonneuses et rocheuses, très pauvres en végétation.

 

 

Mais qu’il ouvre ses ailes et le voici métamorphosé en danseur de flamenco à la robe d’un bleu éclatant !

Et si la plupart de ses habitats naturels ont disparu, on le trouve aujourd’hui dans des biotopes issus de l’activité humaine, tels que des sablières désaffectées, des abords de voies ferrées ou d’anciens terrils. D’où aussi la création et la gestion de pelouses pionnières qui lui conviennent parfaitement !

 

 

Pour plus d’informations sur notre action « Pelouses pionnières », destinée au criquet à ailes bleues, au petit Gravelot (Charadrius Dubius), au crapaud Calamite (Bufo Calamita) mais aussi à des espèces végétales telles que l’Orpin blanc (Sedum Album) et l’Érythrée petite centaurée (Centaurium Erythraea) cliquez ici !