Lézards, serpents, et, même, lézards sans pattes (oui oui ça existe) : découvrez les reptiles qui se cachent dans nos carrières wallonnes en activité !

 

Une coronnelle lisse (Coronella Austriaca), une espèce typique des carrières, ciblée par le projet LIFE in Quarries.

 

Si nous vous avons déjà parlé des espèces cibles du projet comme des oiseaux, des amphibiens, des chauves-souris, des moutons et de toutes les autres bestioles à poils ou à plumes plus communes qui séjournent elles aussi dans les sites extractifs en activité, il est une catégorie d’animaux que nous avons un peu laissé de côté jusqu’à présent dans nos articles : les reptiles !

Une terrible injustice que nous entendons réparer en ce début juillet particulièrement pluvieux, en espérant que parler de ces animaux à sang froid qui aiment se dorer la couenne sur les rochers brûlants fera revenir le soleil !

 

 

 

Des animaux plein de sang-froid

 

Pour faciliter les recensements de reptiles et d’amphibiens, des plaques « chauffantes » ont été installées dans les carrières membres du projet.

Ces plaques noires, fabriquées dans une matière qui retient particulièrement bien la chaleur, agissent comme de véritable aimants pour ces animaux poïkilothermes (ça fait aussi des points au Scrabble) dont la température varie selon le milieu dans lequel ils évoluent (alors qu’à titre de comparaison, nous les humains restons à environ 37 degrés toute l’année et quelle que soit la météo).

Attention toutefois, il faut régulièrement déplacer ces plaques pour éviter qu’elles ne soient surtout des aimants… à fourmis !

 

La Coronelle lisse

 

Diurne et discrète, la Coronelle lisse est une petite couleuvre parfaitement inoffensive pour l’homme.

Amatrice de milieux secs, chauds, ensoleillés et rocailleux, en Wallonie on la trouve uniquement au sud du sillon Sambre-et-Meuse sur les pelouses calcaires, dans les carrières en activité et désaffectées et aux abords des voies ferrées.

En effet, la Coronelle lisse a profité du réseau ferroviaire pour développer des populations abondantes au cours du XXème siècle. Cependant, parallèlement à la dispersion de ses populations, le nombre d’individus a fortement régressé durant la même période suite au reboisement des landes, des pelouses sèches, des friches et des anciennes carrières. Il s’agit donc d’une espèce particulièrement vulnérable et à protéger.

La Coronelle lisse se distingue des deux autres espèces de couleuvre qu’on trouve en Belgique grâce au trait sombre, comme un bandeau, qui relie son museau, son œil et son cou. Elle possède également une tâche sombre, souvent en forme de V, sur la tête.

Espèce cible du projet LIFE in Quarries, ce petit serpent se nourrit d’autres reptiles plus petits ainsi que de rongeurs et d’oisillons.

 

 

Le lézard des murailles

 

Le lézard des murailles (Podarcis muralis) est considéré comme une espèce « quasi-menacée » en Belgique.

Espèce très courante dans les carrières et le long des voies ferrées, il est le meilleur grimpeur de nos lézards belges et se nourrit de petits invertébrés, d’insectes et d’autres reptiles plus petits.

Élancé, dans les tons bruns-gris avec des bandes blanches, les flancs ponctués de points noirs chez les mâles et de bandes blanches et brunes chez les femelles, une longue queue et de longs doigts fins, il mesure en moyenne entre 18 et 20 cm de long.

 L’Orvet fragile

 

Techniquement, l’orvet fragile (Anguis fragilis) n’est pas un serpent : c’est un lézard qui a perdu ses pattes au cours de l’évolution. Ceci dit, on est d’accord, il faut le savoir…

Tout comme la Coronelle lisse, avec laquelle il partage son aspect, les populations d’orvets ont fortement diminué au cours des 50 dernières années. Cependant, l’orvet fragile n’est pas une espèce pionnière ! Il peut donc vivre dans une grande variété d’habitats, ce qui fait qu’il est toujours largement répandu en Wallonie.

Complètement inoffensif lui aussi, il se nourrit surtout de limaces, de vers et d’insectes (voire de quelques araignées le vendredi soir quand c’est l’heure de l’apéro).

 L’orvet se différencie des serpents par sa tête non distincte de son corps, ses paupières mobiles et la lenteur avec laquelle il se déplace alors que les serpents sont plus vifs.  Mesurant entre 30 et 40 cm, l’orvet a un aspect brunâtre, lisse et luisant.

 

Bonjour, je voudrais réserver un bon pierrier bien ensoleillé…

 

Chacun son emplacement de rêve ! Et si, pour la plupart d’entre nous, il s’agit d’une place en terrasse, pour les Coronelles et les lézards des murailles, on part plutôt sur un beau réseau d’abris rocheux, de préférence combiné avec d’autres actions à proximité comme une pelouse pionnière ou des mares.

 

 

Car outre l’installation de plaques chauffantes, ces sortes de bancs solaires à lézards, les reptiles du projet LIFE in Quarries bénéficient surtout de deux actions de nature permanente : les pierriers linéaires, une sorte de longs cordons rocheux sur lesquels plantes et reptiles peuvent se développer, et les abris pierreux, de multiples tas de rochers qui servent autant de refuge que de garde-manger à ces espèces.

Enfin, pour certaines espèces comme l’orvet fragile, la gestion extensive des prairies et des lisières et la mise en place de tas de bois ou de résidus de fauche constituent autant de palaces de choix (en témoignent les nombreux  10/10 laissés sur lézard-Advisor).

 

 

Mais aussi…

De nombreuses autres espèces de reptiles profitent également des aménagements réalisés dans les carrières membres du projet comme la couleuvre à collier (Natrix natrix), le lézard vivipare ou le lézard des souches !

 

La couleuvre à collier est bien plus grande que la Coronelle lisse ou que l’Orvet puisqu’elle peut atteindre les 120 cm sans difficulté.
Plus trapu et massif que le lézard des murailles, le lézard vivipare est généralement brun avec quelques reflets verts sur le ventre.
Saurez-vous repérer le reptile qui se cache sur cette photo ?